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La couleur dans
Par Pierre Fleutot |
Introduction
Festival de Cannes 1994 : lorsque Quentin Tarantino monte sur scène pour recevoir la Palme d'Or, une moitié de la salle applaudit, l'autre siffle. Il est vrai que son film, Pulp Fiction, ne laisse pas indifférent. Certains y voient une simple parodie de la débauche. D'autres une dangereuse apologie de la violence.
Mais si le contenu du film choque, la réalisation, quant à elle, suscite l'admiration générale. La grande particularité de Pulp Fiction est de présenter trois histoires enchevêtrées les unes dans les autres, et surtout agencées de façon non chronologique. Nous avons donc affaire à des flashbacks mais aussi à des flashforwards. Nous sommes par exemple amenés à voir évoluer un personnage, alors qu'il s'est fait tuer quelques scènes plus tôt.. Cette façon de raconter une histoire sens dessus dessous où la narration ne suit pas la diégèse (couronnée par l'oscar du meilleur scénario 1995) est devenue la marque de fabrique de Tarantino.
Pulp Fiction est reconnu comme étant un film majeur des années 90. Presque déjà un classique. En plus de sa réalisation hors norme, le film est servi par des acteurs en grande forme et une bande son exceptionnelle. Certains aspects du film comme le scénario ou la mise en scène ont déjà été longuement commentés et analysés. Je propose pour ma part d'étudier la couleur, et plus particulièrement l'opposition rouge / jaune symbolisant à mes yeux celle de deux des personnages principaux.
Résumer Pulp Fiction n'est pas une partie de plaisir. Il est cependant nécessaire de présenter brièvement l'intrigue et les personnages pour mieux comprendre ce dossier. Nous l'avons dit, le film est composé de trois histoires qui s'entremêlent. The Bonnie Situation présente Vincent Vega (John Travolta) et Jules Winnfield (Samuel L. Jackson), les hommes de main de Marsellus Wallace (Ving Rhames), venir récupérer une mystérieuse mallette chez des petits malfrats avant d'exploser malencontreusement la cervelle de l'un d'eux dans leur voiture. Dans Vincent Vega & Marsellus Wallace's Wife, comme son nom l'indique, Vincent doit s'occuper de la femme de son patron, Mia Wallace (Uma Thurman) mais après quelques pas de danse mémorables, celle-ci est victime d'une overdose. Tandis que The Gold Watch décrit comment le boxeur Butch Coolidge (Bruce Willis) réussit à rouler Marsellus sur une affaire de combat de boxe truqué avant que ceux-ci ne se retrouvent aux mains de violeurs sado-masochistes.
Ces trois histoires sont typiques de celles des Pulp Novels, petits magazines de fiction bon marchés et appelés ainsi en raison de la qualité du papier sur lequel ils étaient imprimés. Elles évoluent ici de façon désordonnée et simultanée. Et elles sont comme encadrées par une scène au début et à la fin du film où un couple braque un restaurant. C'est donc au spectateur de tout remettre dans l'ordre. Mais à l'arrivée, le lien entre les différentes histoires devient évident et elles forment bien un seul et même film.
La couleur n'apparaît pas à première vue comme l'élément central de Pulp Fiction. Elle semble même jouer un rôle moins grand que dans les autres films de Tarantino. Mais en se penchant un peu plus sur le sujet, nous pouvons y voir quelques petites choses intéressantes.
Comme nous l'avons vu plus tard dans Kill Bill, Tarantino aime jouer avec le noir et blanc. Dans Pulp Fiction, outre les images de vidéosurveillance (30'), nous remarquons qu'à trois reprises, des images en noir et blanc de vieux films sont insérées : sur le mur d'écran dans le Jack Rabbit Slim's (33'), à la télévision chez Lance (53') et surtout cet étrange arrière-plan dans le taxi (1h07'). Ce montage renforce l'aspect dramatique de cette scène qui marque comme une pause dans le film, c'est une scène hors du temps. Tarantino ne cache pas qu'il aime faire référence, plus ou moins directement, aux films qui l'ont influencé. Ces emprunts, sorte d'hommage, sont d'ailleurs extrêmement nombreux.
Tarantino est un grand fan des films noirs. Ce n'est donc pas une surprise de retrouver une atmosphère assez sombre, parfois oppressante dans Pulp Fiction. La grande majorité des scènes sont tournées en intérieur, avec un faible éclairage artificiel (peu d'éclairage direct du soleil). Les teintes y sont sobres et chaudes. A part dans la maison de Marsellus et Mia Wallace (31') où le blanc prédomine (peut-être symbolique de la couleur de la cocaïne car c'est dans cette pièce que Mia fera son overdose quelques scènes plus tard), il n'y a pas de couleurs extravagantes. La palette de Tarantino est assez restreinte et la plupart des scènes sont caractérisées par une ambiance et un jeu de couleurs précis. Comme le sous-sol du magasin de Maynard, où Marsellus et Butch sont pris au piège, et où le décor marron/noir reflète le sordide de la situation (1h34').
Les scènes filmées en extérieur sont rares. Encore une fois, c'est sur une scène tournée chez Marsellus et Mia Wallace que les couleurs sont les plus vives (1h55'). Le bleu de la piscine et du ciel, le vert des arbres et le jaune du pull de Marsellus surprennent par leur luminosité. Les autres scènes extérieures ne sont jamais tournées en plein soleil : le temps couvert (1h24'), l'ombre des bâtiments ou des arbres (8', 2h03') ou simplement la nuit (32', 53', 1h06') nous ramènent aux teintes sobres et à l'intrigue pesante.
Tarantino joue souvent sur un contraste avec deux couleurs. Par exemple dans la longue scène (plan-séquence de 2 minutes 35) où nous voyons Vincent et Jules arpenter les couloirs d'un immeuble pour arriver jusqu'à l'appartement des petits malfrats (10'), rien d'autre que le blanc des murs et le pourpre des portes et de la moquette n'apparaît. Cette couleur annonce le bain de sang auquel nous allons assister. Une fois dans l'appartement (14'), nous n'avons affaire qu'à un décor fait de vert pâle et de blanc crème. Ce sont des couleurs gentillettes qui reflètent la naïveté des petits malfrats blancs à vouloir jouer dans la cour des grands.
Cette dualité de couleur est présente tout au long du film. Nous pouvons encore citer les vestiaires du combat de boxe (1h05'). Nous ne voyons rien du combat, une ellipse nous emmène du vestiaire de Butch avant le combat à celui de son adversaire, Floyd Wilson, après le combat, mort. Les deux vestiaires sont identiques : les murs sont peints en vert jusqu'à 1m50 du sol, puis blanc au-dessus. Cette démarcation symbolise peut-être le passage de la vie à la mort (de la terre au ciel) subit par Wilson.
Le binôme chromatique le plus évident est celui qui caractérise Jules et Vincent : le blanc et le noir. Les manifestations de ce contraste ne manquent pas. Ils sont habillés de la même façon : un costume noir et une chemise blanche (de la même façon également que les personnages de Reservoir Dogs, le premier film de Tarantino, bien que ceux-ci portent des noms plus farfelus : Mr. Pink, Mr. Brown, Mr. White, Mr. Orange, Mr. Blonde et Mr. Blue). Ils roulent dans une voiture blanche et transportent une mallette noire. Et bien sûr, l'un est Blanc et l'autre est Noir.
Le contraste blanc / noir est évident. Dans un premier temps il ne paraît pas refléter une opposition manichéenne car ces personnages semblent tous deux immoraux, malveillants et corrompus, au même titre que la plupart des personnages du film, d'ailleurs. Mais la situation change lorsque Vincent et Jules sortent indemnes d'une décharge de revolver à bout portant (1h48'). Alors que Vincent considère cela comme de la chance, Jules y voit un miracle, un acte de Dieu. Et il décide, à la suite de cela, de raccrocher, d'arrêter ce boulot malsain. Nous pouvons donc dire ici que Jules a vu la lumière, il veut retourner vers la clarté, vers le blanc de l'innocence ; tandis que Vincent ferme les yeux, ne veut pas voir l'intervention divine et reste dans sa sombre condition, dans l'ombre de Marsellus.
La suite du film (ou plutôt ce qui précède) donne raison à Jules car lorsque Marsellus cherche Butch pour lui régler son compte, c'est Vincent qu'il emmène avec lui et qui se fait descendre par Butch (1h27'). Le blanc et le noir symbolisent donc le Bien et le Mal : Jules s'est repenti tandis que Vincent reste au service du Mal, de la corruption. Vincent se condamne lui-même en restant du côté noir, il file droit vers la mort.
Marsellus et Butch
La première scène où apparaît Marsellus se déroule dans un bar lui appartenant (20'). L'endroit est baigné d'une envoûtante lumière rouge. Et elle sera associée à Marsellus tout au long du film. Marsellus est un personnage énigmatique. Il parle à Butch pendant 3 minutes (20') mais nous ne voyons que sa nuque. Idem dans le vestiaire de boxe (1h07') où nous ne le voyons que de dos. Il nous faut attendre une heure et demie avant de voir son visage.
Cependant, les autres personnages du film y font référence et lorsque c'est le cas, cette couleur rouge n'est jamais très loin. Par exemple, lorsque Vincent et Jules se rendent chez les petits malfrats. Ils attendent l'ascenseur et évoquent ce que Marsellus a fait à "Tony Rocky Horror" pour avoir fricoté avec sa femme (9'). La scène est filmée en plongée: la moquette et les fauteuils du lobby sont rouges.
Ensuite, dans l'appartement des petits malfrats, lorsqu'ils vident leur chargeur sur Brett, le leader de la bande (20'), une lumière rouge envahit l'écran par deux fois. Ceci symbolise le sang du pauvre Brett qui nous arrive dessus ; mais cela fait également référence à Marsellus, car c'est pour lui que Jules et Vincent sont venus récupérer la mallette.
Chronologiquement à la suite de cette scène mais située bien plus tard dans le film (1h51'), alors qu'ils sont en voiture et que Jules annonce qu'il ne travaillera plus pour Marsellus, bang ! Vincent tire dans la tête de Marvin, assis à l'arrière et l'intérieur blanc de la voiture devient tout rouge. C'est comme si Marsellus avait entendu Jules et voulait se manifester.
Dans l'histoire Vincent Vega & Marsellus Wallace's Wife, il y a une nette attraction commune entre Vincent et Mia, notamment lorsqu'ils dansent (46') mais le gros point rouge au milieu de la piste est là pour ramener Vincent à la raison. C'est comme si Marsellus marquait son territoire. Idem lorsqu'ils rentrent chez Mia : dans les toilettes Vincent tente de se convaincre de ne pas faire de bêtise, de ne pas rester la nuit avec elle et quand il sort, le sang rouge vif qui sort du nez de Mia, victime d'une overdose, est là pour rappeler la présence implicite de Marsellus, ce rouge empêche Vincent d'aller plus loin avec Mia. Puis Vincent l'emmène en voiture chez son dealer (52') : il grille un feu rouge dans sa Chevy rouge et une fois sur place, il dessine un point rouge sur le cœur de Mia afin de lui faire une injection d'adrénaline. Il fait tout cela pour sauver Mia mais surtout par peur de Marsellus.
Le rouge est donc très clairement la couleur emblématique de Marsellus Wallace, gangster omnipotent de Los Angeles. Le rouge est bien sûr la couleur de la puissance, du sang, du feu, du danger, de la colère, de tout ce qui se rapproche de la violence et du mal. Marsellus incarne le mal. Peut-être est-il le Diable en personne. Ou bien lui a-t-il simplement vendu son âme ? Car il porte un pansement sur la nuque (20') et selon les croyances de magie noire vaudou, c'est par la nuque que l'on peut voler l'âme d'un individu. Auquel cas, c'est peut-être cela qui se trouverait dans la mystérieuse mallette. Nous ne voyons jamais le contenu de cette mallette qui appartient à Marsellus et que Vincent et Jules doivent récupérer (le thème du mystérieux contenu est d'ailleurs un emprunt à la boîte de Kiss me Deadly). Nous ne voyons qu'un halo lumineux qui en sort et l'incrédulité sur le visage de celui qui l'ouvre. Il est à noter que le code pour ouvrir cette mallette est 666, le chiffre du Malin… La lumière qui émane de la mallette est sensiblement la même que celle qui envahit l'écran quand Jules et Vincent descendent Brett. Cela créé un lien intéressant entre la mallette du Diable et le travail du Diable (envoyer des individus en enfer)… Beaucoup de choses peuvent donc être interprétées autour du personnage de Marsellus, et d'après Tarantino lui-même, il ne faut pas se priver de le faire : "Je n'essaie pas de dire quelque chose mais de créer des personnages et de raconter une histoire à partir desquels du sens pourra apparaître." Peut-être que même lui ne sait pas ce que contient la mallette.
Le personnage de Butch est quant à lui caractérisé par la couleur jaune (et des variations allant de l'or au marron). C'est le seul parmi les personnages principaux à ne pas être brun, il a les cheveux blond/châtain et porte une veste marron. Lorsqu'il était petit il avait les yeux bleus mais maintenant il les a marron. Nous apprenons dans une scène baignée de couleur jaune (1h01') d'où vient sa possession la plus précieuse, une montre en or. L'extérieur de l'hôtel où il retrouve sa femme (1h20') comme celui de l'immeuble où il habite (1h26') sont dans des teintes d'ocre. Tandis que l'intérieur de la chambre d'hôtel et de l'appartement sont tous les deux basés sur le binôme marron / blanc, tout comme le fameux kangourou sur lequel sa montre avait été oubliée. Sur le mur nous voyons des médailles d'or gagnées lors de précédents combats et dans la cuisine, une bouilloire jaune vif est clairement visible lorsqu'il tire sur Vincent (1h28'), montrant bien que c'est lui qui sort vainqueur de ce duel. Puis il remonte dans sa voiture blanche à intérieur beige.
Le jaune est la couleur du soleil. C'est la couleur la plus proche de la lumière et c'est cela que Butch veut atteindre : il veut sortir de sa condition et être libre, passer à autre chose. Le jaune est la couleur de la prospérité, de la richesse, et c'est ce que Butch peut obtenir grâce au combat truqué. Mais le jaune est surtout symbolique de la trahison, de la tromperie. Cette couleur caractérise les faux monnayeurs, les traîtres et les félons. Et en effet, Butch va tromper la confiance de Marsellus, ce qui va lui attirer des ennuis.
Nous l'avons vu, Butch et Marsellus sont chacun caractérisés par une couleur. Couleur primaire pour sensations primaires. C'est la trahison et la revanche qui les poussent l'un contre l'autre. Nous faisons connaissance avec ces deux personnages en même temps, dans le bar de Marsellus (20'). Celui-ci donne à Butch ses consignes pour le combat de boxe : il le paye pour s'effondrer à la cinquième reprise. La caméra est face à Butch et il écoute Marsellus, l'écran est inondé de lumière rouge. Mais le visage de Butch est comme divisé en deux. Sa partie droite, dans l'ombre, est rouge et noire, comme possédée par le Mal, Marsellus. Mais sa partie gauche dans la lumière, est restée claire, Butch joue un double jeu : il fait croire à Marsellus qu'il marche dans sa combine mais prépare déjà son coup, il ne s'effondrera pas à la cinquième reprise. Il prend l'enveloppe de billets que lui tend Marsellus avec sa ma droite, son côté obscur. Puis quand Marsellus lui dit "In the fifth, your ass goes down", le visage de Butch se tourne légèrement vers son côté clair et acquiesce l'air de dire "C'est ça coco…". La délimitation sur le visage de Butch est très prononcée. En plus de l'ombre, peut-être que du maquillage a été utilisé pour créer cette "double-face".
Nous retrouvons Butch et Marcellus à l'occasion du combat de boxe. Butch est dans son vestiaire (1h05'), vêtu de jaune (tout comme son staff). Le seul élément qui le lie encore à Marsellus sont ses gants rouges. Nous ne voyons pas le combat mais les commentateurs sportifs nous informent que celui-ci fut d'une rare violence et que Wilson est mort. La caméra se pose quant à elle dans une ruelle à l'extérieur de la salle de sport. Le lampadaire distille une lumière jaunâtre (un filtre a dû être utilisé pour rendre un tel effet). Butch saute par la fenêtre et monte dans un taxi, jaune bien sûr. Lorsque nous retrouvons Marsellus (1h07'), au chevet de Wilson, nous apercevons l'affiche du combat de boxe sur le mur, elle est jaune ; puis la caméra se rapproche de Marsellus et fait un gros plan sur ses bretelles noires à poids jaunes. Le grand Marsellus Wallace s'est fait avoir et porte déjà les traces de sa défaite. Le jaune de Butch, le jaune de la tromperie, déteint sur lui. Ceci est encore plus net un peu plus loin dans le film quand Marsellus porte un étonnant polo jaune (1h55'). Dans le taxi c'est le contraire, Butch se débarrasse de ses gants rouges et en même temps de ce qui le rattachait à Marsellus.
Butch et Marsellus se retrouvent face à face le lendemain (1h30') dans une scène semblable à celle de Psycho de Hitchcock. Ils se battent puis se retrouvent ligotés dans le sous-sol du magasin de Maynard (1h33'). Butch n'a plus sa veste marron, son t-shirt blanc est couvert de sang. Il adopte donc (bien malgré lui) les mêmes couleurs que Marsellus comme pour montrer qu'ils sont dans la même galère. Ils sont bâillonnés avec une balle rouge, fixée par des lanières. Cette boule rouge est le symbole de leur condition commune, c'est la seule fois dans le film où ils partagent quelque chose, en l'occurrence une situation bien inconfortable. Marsellus est emmené par Maynard et Zed, les deux violeurs (Zed est habillé en bleu, couleur du cauchemar) tandis que Butch parvient à se dégager. Repassant par le magasin, il passe sous une publicité en néon rouge pour Killian's Red Beer mais la moitié des lettres sont grillées et seulement Kill ed est visible. Ajouté au Z du porte-clefs qu'il vient d'attraper, cela donne Kill Zed, ce qu'il fera pour sauver Marsellus. La couleur rouge du néon publicitaire renvoie donc une nouvelle fois à Marsellus. La scène se termine par une sorte de règlement à l'amiable entre Butch et Marsellus (1h42'). La couleur dans cette scène n'est ni vraiment dans les jaunes ni dans les rouges car aucun des deux n'est perdant dans l'histoire. Il est à noter qu'au contraire de leur première scène ensemble, cette fois Marsellus parle dos à Butch. Le rapport de force s'est équilibré car Marsellus doit sa survie à Butch.
Nous avons donc affaire à trois scènes en présence de Butch et Marsellus. La première est baignée de rouge car elle se déroule dans le monde de Marsellus, il est en position très dominante. La seconde, au contraire, a des teintes plus jaunes car elle montre que Butch a réussi à rouler Marsellus. Et enfin, la dernière scène, même si elle ne réconcilie pas les deux personnages, n'en laisse pas un dominer l'autre.
La relation entre Marsellus et Butch n'est pas la plus importante du film et l'histoire du combat truqué n'est qu'une intrigue parmi les autres. Néanmoins, les contrastes et les thèmes de couleur que ces personnages véhiculent apportent une dimension toute particulière au film, que l'on retrouve jusque dans le titre sur l'affiche du film : rouge et jaune.
Références
AUMONT, Jacques. Introduction à la couleur : des discours aux images. Paris : Armand Colin, 1994.
AUMONT, Jacques, ed. La couleur en Cinéma. Paris : Mazzotta/La cinémathèque française, 1995.
BRUSATIN, Manlio. Histoire des couleurs. Paris : Champs-Flammarion, (1983) 1986.
TARANTINO, Quentin. Pulp Fiction. Miramax Pictures, 1994.